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Bedouin and sedentary Arabic dialects and diglossia in Ibn Ǧinnī (4th/10th century). Sociolinguistics and history of the language vs epilinguistic discourse, Parlers arabes nomades et sédentaires et diglossie chez Ibn Ǧinnī (IVe/Xe siècle). Sociolinguistique et histoire de la langue vs discours épilinguistique

Larcher, Pierre
In his Ḫaṣā’iṣ, Ibn Ǧinnī (d. 392/1002) refers, incidentally, to a differentiation between bedouin and sedentary Arabic dialects, the latter being characterized by a partial loss of the case and mood endings (’i‘rāb). In so far as Ibn Ǧinnī refers on this point to an earlier source of nearly two centuries, on the one hand, and indicates that there was hardly any Bedouin at the time to speak “correct” Arabic (faṣīḥ, that is to say, inflected mu‘rab) on the other hand, we can see in his remarks an implicit recognition of a situation of diglossia, the Bedouin dialects being at the origin of the high variety (al-luġa al-‘arabiyya al-faṣīḥa). This situation is also revealed by an anecdote, where we see a speaker of Bedouin origin alternating between what Ibn Ǧinnī calls “the two ways of speaking” (ǧihatā al-kalām), with and without case and mood endings. Despite appearances, it is not about sociolinguistics and history of language. It is about language theory, with the hypothesis of a phenomenon of entropy, linked to the use of the language, in which the speaker gets rid of case and moodendings, a source of difficulty and errors. It is also and above all an epilinguistic discourse, consistent with the linguistic ideology (thesis of the Bedouin faṣāḥa) and with theology (thesis of the “language of Ḥiǧāz” as al-luġa al-fuṣḥā), two theses difficult to reconcile., [fr] Dans les Ḫaṣā’iṣ, Ibn Ǧinnī (m. 392/1002) fait état, incidemment, d’une différenciation entre parlers arabes nomades et sédentaires, ces derniers étant caractérisés par une perte partielle de la flexion désinentielle (’i‘rāb). Dans la mesure où Ibn Ǧinnī se réfère sur ce point à une source antérieure de près de deux siècles d’une part, indique qu’il n’y a presque plus, à son époque, de bédouin au parler « châtié » (faṣīḥ, c’est-à-dire fléchi mu‘rab) d’autre part, on peut voir dans ses remarques une reconnaissance implicite d’une situation de diglossie, les parlers nomades étant à l’origine de la variété haute (al-luġa al-‘arabiyya al-faṣīḥa). Cette situation est d’ailleurs révélée par une anecdote, où l’on voit un même usager, d’origine bédouine, alterner ce qu’Ibn Ǧinnī appelle « les deux manières de parler » (ǧihatā al-kalām), avec et sans flexion désinentielle. Malgré les apparences, il ne s’agit pas de sociolinguistique et d’histoire de la langue. Il s’agit de théorie du langage, avec l’hypothèse d’un phénomène d’entropie, liée à l’utilisation de la langue, l’utilisateur se passant, par d’autres moyens, de la flexion désinentielle, source de difficulté et d’erreurs. Il s’agit aussi et surtout d’un discours épilinguistique, conforme à l’idéologie linguistique (thèse de la faṣāḥa bédouine) et à la théologie (thèse de la « langue du Ḥiǧāz » comme al-luġa alfuṣḥā), deux thèses difficilement conciliables.
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